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5/13/2008

Nostalgie, nostalgie



Sur une des lignes d’autobus que j’emprunte régulièrement à Montréal, il y a un chauffeur qui semble tout droit sorti des années 50. Il porte un uniforme propret et impeccablement repassé ainsi qu’une casquette de chauffeur à l’ancienne, telle une casquette de policier d’un film américain des années 50. Il dit bonjour à chaque personne qui entre dans le bus et merci à chaque personne qui en sort. Il répond poliment et avec le sourire à toute demande de renseignement. Et – oh quel délice – il conduit tout doucement, sans donner la nausée aux passagers. Les Montréalais l’auront peut-être remarqué : ces jours-ci, les chauffeurs nous transportent comme du bétail, en accélérant et en arrêtant brusquement, sans égard pour notre estomac.

Tout ça pour vous présenter un livre nostalgique. Le Grand Hibou Blond me reproche d’idéaliser la première moitié du siècle dernier et trouve bien comique mon admiration pour le gentil chauffeur hollywoodien. Il a sans doute raison, le passé n’était pas aussi rose que je me plais parfois à l’imaginer. Mais si je me fis à mes lectures sur le sujet, il me semble bien que nous ayons perdu un certain art de vivre en société, de partager l’espace commun avec grâce et politesse.

Tenez, jetez un coup d’œil à ce magnifique livre sur les vitrines des années 40-50. Comme elles sont élégantes les jolies dames qu’on voit dans ce livre, avec leurs vêtements bien coupés et leur posture de charme. Les images représentent l’idéal de l’époque et sans doute pas la réalité. Mais il était de bon ton d’être distingué alors que c’est devenu ringard. Le livre est marrant, certaines vitrines aussi. Dommage que nos villes ne ressemblent pas à ce qu’on voit dans le livre…

Shop America. Midcentury Storefront Design 1938-1950, Éditions Taschen.

3/14/2008

Glamour ou pas glamour, voilà la question


Photo de Chalmers Butterfield

Même en cette époque où l’avion est aussi banal que le bus (enfin, pas tout à fait côté prix mais côté confort, l’avion est tombé de haut depuis 20 ans), le mot voyage conserve une connotation mystérieuse et glamour. Pensez aux aventuriers en kakis prenant un vol pour une lointaine et exotique destination afin d’y découvrir des peuplades inconnues, pensez aux stars des années 50 qui se faisaient photographier sur le tarmac au sortir de l’avion, sac Hermès au bras, fraîches comme des roses malgré le décalage horaire. Imaginez maintenant la très élégante Chouette des villes flânant dans une chic boutique hors-taxe avant de prendre son vol, en toute quiétude.

HA!HA! En voilà une bonne.

De voyage en voyage, j’essaie d’émuler les stars sur le tarmac mais rien n’y fait. Une humiliante catastrophe a inévitablement lieu au détecteur de métal et je n’arrive à m’en remettre qu’une fois rendue à destination.

1) Il y a eu la fois où j’ai eu la bonne idée de transporter un pot de yogourt en plastique dans mon sac à main pour pique-niquer dans un parc de Londres, 24 heures avant mon départ. Le pot s’est fendu et malgré mes efforts pour nettoyer mon sac, des résidus de yogourt séché ont recouvert tout ce qui s’y trouvait. À l’aéroport de Londres, le sac a été jugé suspect au détecteur de métal et l'employé a demandé à l’inspecter. Lorsqu’il m’a demandé ce qu’était cette substance qui recouvrait mon portefeuille, je lui ai avoué ma bêtise en rougissant et en me confondant en excuses. ‘’Oh, ne vous ne faites pas, j’ai mis ma main dans bien pire que ça’’ me dit-il. À cette humiliation s’est ajoutée l'odeur de lait caillé se dégageant du sac, au grand dam de mes voisins d'avion.

Morale : ne jamais mettre un yogourt dans un sac à main, ranger le contenu de son sac avant de prendre l’avion.

2) Une autre fois, j’ai oublié mon téléphone cellulaire après le passage au détecteur de métal. Je m’en suis aperçue juste avant l’embarquement. Suis retournée au détecteur de métal par le mauvais corridor et ai surgi ahurie du côté des arrivées. Zut. Ai supplié le douanier de me laisser retourner aux départs sans sortir des arrivées. Niet. Au comptoir de la ligne aérienne, ai supplié le jeune employé abasourdi de me laisser retourner immédiatement du côté des départs. Ai repassé par le détecteur de métal, ai été la risée des employés de l’aéroport, et me suis mise à courir comme une folle pour ne pas manquer mon avion. Suis embarquée de justesse, le visage en sueur.

OK, j’ai compris, nettoyer son sac et ne rien oublier au détecteur de métal.

3) De voyage en voyage, j’ai appris quelques leçons. Mais il y a toujours quelque chose qui cloche. Comme cette fois, encore au détecteur de métal, où bip-bip-bip-bip on a demandé à inspecter mes bottes. Comme vous le savez, mes chaussettes sont souvent trouées. L'employé de l'aéroport a trouvé cela tout à fait charmant puisqu'il souriait à pleines dents en regardant mes pieds.

OK, j’ai compris, nettoyer son sac, ne rien oublier au détecteur de métal et ne pas porter des chaussettes trouées.

4) Cette semaine l'inspecteur du détecteur de métal de l’aéroport de Dorval s’est moqué de moi parce que j’avais trop de monnaie dans mon portefeuille. ‘’On ne voit rien au détecteur si vous avez trop de monnaie dans votre sac, vous devriez dépenser votre monnaie ma belle, il est temps pour vous de magasiner’’. Au retour, bien docile, je mets l’excès de monnaie dans un sac ziploc. Le sac ziploc éveille les soupçons de l'inspecteur qui se moque ensuite de moi quand je lui explique mes motivations.

OK, j’ai compris, nettoyer son sac, ne rien oublier au détecteur de métal, ne pas porter des chaussettes trouées et ne pas transporter trop de monnaie, et, et, et… la liste s'allonge de voyage en voyage et malgré tout, je n'y arrive pas.

Morale des ces humiliations : si tu n’es pas née glamour, tu ne le deviendras jamais.

Alors je laisse tomber. Si à l’aéroport, vous voyez une grande brune hystérique et essoufflée qui échappe ses sacs en enlevant son manteau à toute vitesse avant de passer au détecteur de métal, sa carte d’embarquement et son passeport entre les dents, venez lui dire bonjour!

3/04/2008

Une histoire d'omelette

Cette image provient de Wikimedia Commons - Projet Gutenberg.

Lecteurs d’Europe, connaissez-vous le Cheez Whiz ? Peut-on (malheureusement) en trouver chez vous ? Sinon, sachez que le Cheez Whiz est une célèbre préparation de fromage à tartiner, jaune, jaune pas naturel, jaune chimique, en tous les cas, jaune pas fromage. Ça se vend dans un pot en verre dans la section des confitures et du Nutella au supermarché. Disponible partout en Amérique du Nord, ce condiment a connu son moment de gloire dans les années 70. Il était alors de bon ton de tartiner ses rôties de Cheez Whiz au petit-déjeuner. Il n’y avait aucune honte à y ajouter une couche de confiture de fraises. Ou de se faire un bon macaroni au fromage express à la Cheez Whiz.

Tiens, vous en saurez plus en visitant ce site : www.sauvonslecheezwhiz.com/

Les temps ont changé. Oh, ce fromage, si on peut l’appeler ainsi, se trouve toujours dans les supermarchés. Mais dans le milieu où j’évolue, la classe moyenne - instruite (la Chouette des villes serait-elle snob ?), on avoue son goût pour le Cheez Whiz comme on avoue aimer Céline Dion ou les films de Madonna. Avec un peu de gêne, en insistant qu’on aime ça parce que ça nous fait rigoler et qu’on ne le prend pas au sérieux. Ex. On ne dit pas : j’aime le Cheez Whiz parce que c’est bon. Non, on dit : j’aime ça parce que ça me rappelle de bons souvenirs de mon enfance, parce que j’aime tout ce qui est kitsch, parce que la couleur est presque fluorescente et me fait halluciner, parce que j’aime aller à contre-courant. Parce que je suis cool. Mais on n’aime pas le Cheez Whiz tout simplement.

Enfin, le weekend dernier, le Grand Hibou Blond et moi nous sommes promenés à l’extérieur de Montréal. Pause-midi. Resto sympa dans la petite ville que nous visitons pour la première fois. Oups, c’est encore le menu du brunch. Bon, petit-déjeunons pour la seconde fois de la journée et commandons-nous une omelette au fromage. La dite omelette au fromage nous est servie et… nous nous apercevons qu’elle contient non pas du cheddar, du camembert ou de l’Oka. Mais non, elle contient du Cheez Whiz. C’est une omelette au Cheez Whiz.

Ha!Ha!Ha! Nous nous esclaffons. Jamais un resto de Montréal n’oserait servir un truc pareil. Nous voilà un peu snob, imbus de notre supériorité citadine mais nous mangeons la chose sans rechigner.

- Mmh.

- Mmh. Pas mal.

- Ouais, c’est bon après tout.

- Ah, te souviens-tu des recettes au Cheez Whiz des années 70 ?

Alors, le Grand Hibou Blond et moi avons reluqué le Cheez Whiz au supermarché hier soir. Je n’ai pas osé acheter un pot. Mais vous savez quoi ? C’est bon le Cheez Whiz finalement. Je crois que j’aime ça, tout simplement!

12/07/2007

Vantardises!


Permettez à la Chouette de se vanter en riant. Des copines et moi avons fait un saut dans une friperie de Montréal. Je suis TRÈS fière de moi. Avec 65$, j'ai fait les acquisitions suivantes :

- deux sacs à main d'été en toile, comme neufs
- un sac à maquillage neuf, jamais utilisé
- deux lots de boules de Noël assorties
- un lot de guirlandes dorées
- un chemisier comme neuf, de toute évidence presque jamais porté
- un foulard
- un manteau d'hiver qui sera top shape après un lavage.
- une petite nappe/gros centre de table rouge et blanc qui pourra servir à Noël comme en été, sur la table de la terrasse.

Je devais partager mon bonheur avec vous!
Bon weekend, La Chouette.

11/19/2007

Il faut toujours suivre son intuition!


Samedi dernier, j'ai assisté à un mariage à l'extérieur de Montréal. Les femmes de la famille ont pensé que ce serait une bonne idée de se faire coiffer ensemble... dans un chic salon que nous ne connaissions pas du tout. Juste avant de quitter mon hôtel pour me rendre au salon, j'ai eu l'intuition que j'allais commettre une grosse erreur. Je me coiffe moi-même, avec un succès inégal mais toujours avec un résultat sobre et naturel. Je me contente de me faire couper les cheveux à bas prix par la plus adorable coiffeuse de Montréal qui connaît et respecte mes goûts. Je n'étais donc pas très ravie à l'idée de laisser ma chevelure entre les mains d'une coiffeuse inconnue ni de dépenser 50$ aveuglément. Mais solidarité oblige, j'ai suivi le plan initial. Désastre. La coiffeuse n'a pas aimé pas ma tête, c'est le cas de le dire (elle trouve bizarre qu'une femme de 37 ans n'ait jamais eu de mise en pli et hésite à se faire coiffer!), et n'a pas compris que quand je dis 'sobre, simple', ça veut dire 'sobre, simple'. Non mesdames. Je suis sortie du salon avec un énorme nid d'abeilles sur la tête, un majestueux (!) pouf foncé, une pièce montée au chocolat noir à la Marie-Antoinette. Mes compagnes ont aimé car elles ont trouvé ça RIGOLO! J'avais envie de pleurer mais elles m'ont interdit de me laver les cheveux et de me recoiffer moi-même une fois revenue à l'hôtel. Horreur, j'ai donc passé la soirée avec une trentaine d'épingles dans les cheveux. ''Oh vos cheveux, c'est intéressant comme coiffure. On dirait une geisha!'' m'a t-on dit ce soir-là. GRRRRRRR. Quel soulagement quand la soirée terminée, j'ai enfin libéré ma tête de cet étau. Et que le lendemain matin j'ai lavé mes cheveux, non sans difficultés tant la coiffeuse m'avait aspergée de fixatif. Plus jamais. Même le jour de mon propre mariage.

10/30/2007

Bravo!


Ils sont chics ces Japonais. Dans le cahier de l'auto (ben oui, il m'arrive de lire cet abominable cahier) de La Presse, un article intitulé ''Tout le monde veut des voitures japonaises... sauf les Japonais'' :

''Plus vieux, moins bien payés et ne considérant plus l'automobile comme un signe de réussite sociale, les Japonais achètent de moins en moins de voitures, un paradoxe alors que les véhicules nippons se vendent remarquablement bien à l'étranger.''

Les Japonais gardent leur voiture plus longtemps et se tournent désormais plus vers la spiritualité et accordent ainsi moins d'importance aux choses matérielles. Et victoire de La Chouette: pas besoin de voiture lorsque le train est efficace et rapide comme au Japon!

Je connais peu le Japon et ne suis pas en mesure de juger si l'article illustre bien la situation réelle mais me voilà pleine d'espoir pour nous, hyper-consommateurs nord-américains!

10/16/2007

Ah et puis...


Un dernier message avant mon voyage! Eurêka, il se vend des macarons à Montréal, au Québec! Enfin! Le Grand Hibou Blond et moi qui avons voyagé en France en cherchions un peu partout en vain mais savions qu'un jour, ils envahiraient ce côté-ci de l'atlantique tellement ils sont beaux et bons! On les trouve à au moins un endroit maintenant: aux succursales de la boulangerie 'Au pain doré'!

9/20/2007

Minouche


J’ai une nouvelle amie. Minouche est une chatte noir et blanc qui habite près de chez moi. Son maître l’attache devant l’entrée de la maison quelques heures par jour. C’est triste : un chat n’est pas fait pour être attaché.

Minouche m’aime bien. Je crois que c’est parce que je la flatte et lui parle toutes les fois que je la croise. Depuis quelques semaines, elle semble me reconnaître et miaule dès qu’elle me voit. C’est la voisine la plus gentille du quartier. Je ne sais rien de mes voisins. N’en salue que quelques-uns à l’occasion. Chacun pour soi. Sauf Minouche.

Même chose au boulot : hormis 3-4 collègues sympa, c’est chacun pour soi la plupart du temps.

Tiens, j’ai une idée. Je vais inviter Minouche à enseigner un atelier sur la politesse et les relations interpersonnelles à mon lieu de travail. Je suis convaincue que Minouche, si elle était employée :

- répondrait à ses e-mails dans un délai raisonnable (je rage, je rage, j'en connais qu'il faut talonner sans relâche pour obtenir la moindre réponse...)
- saluerait ses collègues le matin, à l’arrivée
- inviterait les nouveaux employés à se joindre au groupe à l’heure des repas. Ici, c'est le nouveau qui doit s'imposer ce qui n'est pas toujours facile.
- s’intéresserait quelque peu à la vie personnelle des gens (ex. leurs enfants), histoire de reconnaître l’humain derrière l’employé.

Je me demande quel serait son tarif pour enseigner un atelier ? Ai-je le droit de recruter un chat ?

6/22/2007

Black-Out


Atmosphere as applied to our homes is a word which seems to have two meanings. One is the impression given, as implied by the remark ''A room has (or has not) atmosphere'; and the other is the air we breathe. Black-out, as some of the following pages show, need not mean less lighting. But what, in this sense, we call a cheerful atmosphere is not always best obtained by illumination. One can see too much. A delightful scheme can be ruined by excessive or ill-placed lighting. To be able to see more than your book when reading, or your paper when writing, or your material when working, is bad for your eyes and is a waste of light. (...) Indeed, my own observations in peace time showed that the majority of other-wise good homes provided their living-room with too much light.

Edward Newman, The Ideal Home and Gardening, Septembre 1940.