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9/04/2008

De retour d'une longue rêverie


Tu n’as rien écrit depuis le 26 juin Chouette, j’en ai marre moi, de toujours tomber sur l’histoire de la commune derrière chez toi.

Ben oui, grand frère, ce furent des vacances prolongées et me revoilà. Et en raison d’un été pluvieux comme c’est pas possible, les voisins n’ont pas trop fait la bamboula. Alors mon dernier post est décidément désuet.

Après la mort de mon vieux papounet, j’ai perdu l’envie d’écrire. C’est que peu de temps après, la Chouette et le Grand Hibou Blond ont perdu un petit coco et puis un autre. Les petits embryons d’oiseaux sont morts très tôt avant même que leur œufs se soient éclos. Ça en fait des pertes en quelques mois, un papounet, deux cocos en gestation, l’illusion qu’on peut tout contrôler dans sa vie. J’ai passé des nuits à me demander si un jour, je vivrai le bonheur de tenir dans mes ailes un petit poussin à moi, en bonne santé. Qui a envie de lire, jour après jour, la complainte et les angoisses d’une Chouette qui a perdu son coco et veut un petit oiseau ?

De belles vacances et le soutien de mes proches ont pansé ces blessures et je suis prête à vous raconter des histoires de chouette perdue dans la grande ville.

Méli-mélo :

- Honte au chauffeur de taxi qui m’a dit, peu de temps après avoir perdu mon second coco : ‘une femme n’est pas complètement femme tant qu’elle n’a pas eu d’enfants’. Cette petite phrase qui tue m’a, sur le coup, anéantie. Maintenant, je ris, non mais ce que ces propos sont rétrogrades.


- La meilleure bière du Québec et la plus jolie brasserie (maison ancienne avec vue sur le St-Laurent) se trouvent à Kamouraska. Si vous passez par là, allez y faire un tour. Apportez votre lunch ou commandez du lapin et du pain à la bière. Les points de vente sont affichés sur le site web. Les proprios sont fantastiques. Brasserie Breughel.


- Vous suivez la campagne électorale américaine ? Obama n’est pas parfait mais ne le trouvez-vous pas glamour ? Moi si. On ne peut pas en dire autant de notre premier ministre Harper. Soupirs. Il fut un temps où le Canada projetait une image d’un pays avant-gardiste et progressiste. Voilà qu’on a un gouvernement qui coupe dans la culture et encourage la pollution.

2/21/2008

Arrrg, discipline, y'en a marre de la discipline.


Est-ce que vous mangez bien ? Mangez-vous et buvez-vous des aliments bons pour la santé - fruits et légumes en quantité, céréales bio (épeautre, avoine, quinoa, etc.), thé vert, des omégas 3 à profusion, des noix, peu de viande, yogourt bioactif, du soja, etc. ?

Si oui, vous arrive t-il d’avoir une folle envie de manger des aliments gras et sucrés ? Je ne sais pas ce qui m’arrive, Miss thévertépeautreoméga3. Aujourd’hui, je rêve d’un bon hamburger bien gras avec des frites salées et de la mayonnaise. De gâteaux. De crème. De gâteaux à la crème. Avec une ganache au chocolat bien riche. De pâtisseries dégoulinantes de miel. Je ne veux plus manger de céréales pour le petit déjeuner. Il me faut des brioches sucrées. J’ai envie de m’écraser devant la télé, de regarder un vieux film en dégustant le contenu d’un vulgaire sac de chips, de passer au travers d’une boîte de chocolat, même s’ils sont de mauvaise qualité. De ne pas faire d’exercice. De boire un peu trop de vin rouge. De dépasser les limites. Aujourd’hui, je hais la discipline et la sagesse...

Cela vous arrive t-il ? Dites-oui, rassurez-moi.

2/01/2008

Vive les gentils toutous!


Un élément de la vie urbaine que j’apprécie grandement est le bon comportement des canins de ville. Rarement vais-je croiser un chien agressif en pleine ville. Peut-être est-ce que parce qu’on y choisit des races plus sociables ou parce qu’au départ, le chien a plus l’habitude de partager son territoire avec beaucoup d’humains inconnus ou est distrait par l’accumulation de stimuli urbains : voitures, autres chiens, arbres, sublimes parfums des crottes de chien dans les poubelles municipales.

Le seul mauvais souvenir de mon lieu d’enfance – là où les maisons sont grandes et les terrains immenses – consiste en ces chiens de garde qui jappaient au passage des enfants devant la maison de leur maître, sans doute parce que le maître préférait les chiens aux enfants. Je me souviens d’un chien particulièrement sournois qui avait la mauvaise habitude de briser sa chaîne et de courir après les enfants du quartier. Un jour, il attaqua même ma petite voisine, signant ainsi son propre arrêt de mort, les autorités l’ayant jugé trop dangereux pour la communauté.

Lorsque je me promène à pied dans des quartiers de banlieue ou sur une route de campagne, je suis toujours sur mes gardes, à l’affut d’un cerbère en colère surgissant de nulle part pour protéger son territoire. Ma peur est telle qu’elle me fait hésiter un déménagement à la campagne. Il me semble que là-bas, je vivrais alors confinée chez moi pour éviter de rencontrer l’inévitable molosse du voisinage.
La plupart des toutous de campagne sont pourtant si gentils... Dommage qu'un seul molosse me fasse craindre tous les chiens du quartier.

Vive donc les gentils toutous obéissants de la ville et des champs et surtout, vive leurs mâchoires inoffensives.

1/16/2008

Des nouvelles...

De Miss Grandes-dents : je crois que la Miss a un petit ami. Elle se promène de balcon en balcon avec un autre écureuil et ma foi, elle semble filer le parfait bonheur. Espérons que l'été prochain, ils se tiendront loin de mon balcon ou tout au moins de mes pots de fleurs!


De ma forêt retrouvée grâce à Facebook : j'ai revu amies d'enfance dans le boisé de nos jeux de jadis. Les larmes ont coulé, les choses se sont dites et ce fut merveilleux! Et vlan à ceux qui dénigrent Facebook!

12/06/2007

Ma forêt retrouvée


Confidence : j’ai joint Facebook. Le MySpace, version améliorée. Non, non, non, vous n’accéderez pas à mon profil. Ici sur Blogger, je me sens bien au chaud, libre et en sécurité sous le pseudonyme de La Chouette des villes.

Mais voici l’histoire : grâce à Facebook, j’ai eu le grand bonheur de renouer, en ligne, avec mes copines d’enfance, certaines avec qui j’avais perdu contact depuis 1980. J’ai en quelque sorte retrouvé ma forêt d’enfance sous une forme virtuelle! La plupart sont mariées, ont des enfants, un travail. Et j’ai constaté ceci : sur la photo d’identification Facebook et à travers les banalités échangées jusqu’à maintenant (voici mes enfants, je fais tel boulot, je vis à tel endroit, quel bonheur de te retrouver, etc.), on perçoit la vérité et le mensonge. On voit qui est restée fidèle à elle-même, criante de vérité, sans même qu’il lui soit nécessaire d’avouer telle et telle épreuve ou tel et tel bonheur. Le temps n’a pas passé, on renoue immédiatement. On sait que lors des vraies retrouvailles, les larmes couleront, les choses se diront.

Et d’autres se sont encombrées de convenances, de réussites sociales et matérielles. Le sourire est plus crispé, l’échange moins chaleureux et plus compétitif. Où est passée mon amie d’autrefois ? A-t-elle-même existé ? Était-elle une création de ma mémoire ? Le courant ne passe pas. Désolée ma vieille, je suis trop meurtrie par la vie pour jouer à qui est la plus heureuse. Je me réjouis de ton bonheur et du mien. Le bonheur n’est pas une compétition.

11/27/2007

Miss Grandes-dents!


Vous souvenez-vous de l'écureuil maléfique ? L'été dernier, la sympathique mais très acharnée bestiole s'est attaquée aux fleurs de mon balcon et a même grignoté le bois du balcon, à mon grand dam.


Miss Grandes-dents, car j'ai depuis appris que c'est une femelle, a visité notre balcon dimanche après-midi. Et cette fois-ci, le Grand Hibou Blond et moi avons été plus indulgents. Elle a percé un sac d'ordures et y a trouvé un délicieux noyau de mangue encore recouvert de chair orangée. Miam! Comment s'en prendre à elle ? Nous avons délicatement enlevé le sac du balcon sans perturber le repas de la Miss.


Miss Grandes-dents ayant été nourrie toute petite par des humains (des voisins l'ont secourue d'une mort certaine), il est normal qu'elle adore la compagnie des humains et préfère les balcons aux arbres. Nous la voyons donc se promener de balcon en balcon dans le voisinage et dévisager avec intérêt les humains rencontrés en chemin. Comment savons-nous que c'était elle sur le balcon, dimanche dernier ? Je n'ai jamais vu un écureuil aussi névrosé de ma vie! Ça ne pouvait être qu'elle! Longue vie à Miss Grandes-dents!

10/23/2007

La vie moderne, un vide-parc?


Me voilà de retour à Montréal suite à un voyage de 4 jours. Seul le 4e et dernier jour de voyage fut agréable. Les jours avant, j’étais malade de stress. Le 3e jour du voyage, je devais présenter devant un auditoire universitaire (mais ça s’est bien passé malgré des trémolos dans la voix). Voilà Bobette pourquoi partir en voyage dans ce contexte n’a rien d’agréable malgré l’absence de popote et de ménage. Le cœur au galop compense à 120% l’absence de vaisselle à laver.

J’ai pris congé hier pour récupérer de ces émois. Il faisait un temps merveilleux ici : 20 oC, du soleil, un petit vent d’automne fort agréable, juste assez puissant pour soulever les feuilles mortes éparpillées sur les trottoirs et les faire virevolter avec charme. Comment rester à la maison par un temps pareil ? En matinée, je suis sortie faire des courses dans mon quartier et au retour, je me suis assise pour grignoter dans un parc adjacent au supermarché. Un superbe parc, un de ces rares parcs avec des œuvres d’art. Personne.

Ai marché vers un autre parc, plus modeste mais avec de nombreuses tables et chaises. Personne.

Et un 3e. Un grand parc avec une fontaine. 2 personnes.

C’est tout ? Ou sont les retraités ? Les jeunes mamans et leurs bébés ? Les gens qui comme moi ont pris congé ?

Ils sont chez eux. Malgré le soleil. Ils sont au centre commercial sans doute. Les retraités autonomes sont dans leurs résidences pour personnes retraitées autonomes et semi-autonomes. Ils passent beaucoup de temps au centre commercial. Les très vieux sont dans des CHSLD. Les jeunes enfants sont dans les garderies et ne sortent qu’à l’occasion. Les enfants plus vieux sont à l’école. Les jeunes mamans et les bébés ? Euh, je ne sais pas, en train de dormir ? Les 18-65 ans étudient ou travaillent.

Mmh. Je me sens nostalgique tout d’un coup. Il y a 50 ans, chaque jour de la semaine, chaque parc aurait accueilli des gens âgés, des travailleurs au repos, des jeunes mamans et des nannies et plein d’enfants d’âge préscolaire…

10/16/2007

La Chouette repart en voyage!


Pas pour aller à l'est comme le suggère l'image mais plutôt dans les Rocheuses canadiennes! Et pas en train mais en avion. Oh, ne m'enviez surtout pas car il ne s'agit pas d'un voyage d'agrément. Je m'y rend pour le travail et n'aurai pas l'occasion de visiter les montagnes. J'apporte avec moi mon kit de broderie pour passer le temps toute seule dans ma chambre d'hôtel. Une chambre 4*, des repas gratuits et la broderie: voilà des luxes qui rendent supportable un voyage de plusieurs jours pour le boulot.
À la semaine prochaine!

10/05/2007

La paix


Ouf! La guerre est terminée. Un faux combat. Tout a bien été... comme d'habitude. Hormis des petits pépins ici et là, rien à signaler Mais pourquoi, pourquoi faut-il que je m'angoisse pour des riens ? J'ai appréhendé la journée d'aujourd'hui au point d'en perdre le sommeil et je réalise que c'était ridicule.

Je me mets à la méditation et au yoga. C'est décidé.

9/28/2007

À la guerre...


Mon travail ces jours-ci, c'est un peu la guerre. Je dois survivre à un trop-plein de travail, au stress, à des critiques anticipées (enfin, peut-être que non), à des attentes élevées (tout au moins les miennes), à une date limite, à des tâches pour lesquelles je n'ai pas de talent, à des obstacles administratifs, à la fatigue, aux détails, au découragement... Ce qui fait que je serai sans doute absente de la blogosphère jusqu'au 9-10 octobre. À bientôt! La Chouette.


PS. Le Shower est demain. Bobette, je t'en donne des nouvelles dès mon retour de combat!

9/26/2007

Un long parcours vers le shampoing

Raton-laveur ahuri après une séance de magasinage.

Je me répugne à acheter des cosmétiques de luxe. Cette industrie est une arnaque. Mais il y a une exception dans ma vie et c'est un shampoing d'une compagnie américaine. Un fantastique shampoing naturel! Mes cheveux me remercient après chaque utilisation. Il est cher mais il en vaut vraiment la peine.

L'achat de ce shampoing constitue une rare occasion pour moi d'entrer dans une boutique de cosmétiques de luxe. De toute évidence, je ne suis du tout à ma place dans cet environnement. Je suis coincée, mal à l'aise, je m'y sens toujours radin.

Le weekend dernier, après une pénible semaine au travail, je me rends au centre-ville de Montréal pour faire un peu de shopping. Je suis épuisée, rien ne va, je broie du noir, il fait chaud, c'est pollué, mes yeux sont rouges de fatigue et de la pollution. Mes yeux n'en peuvent plus. Ils coulent. Le mascara aussi. J'essuie le dégât avec un peu de salive devant le miroir d'un grand magasin mais le mascara est collé sur la peau. Rien n'y fait. Je me décide à terminer mon shopping rapidement et à rentrer chez moi ASAP.

Entrée dans le magasin de cosmétiques. Direction 'Shampoings'. Localisation du shampoing préféré. Direction la caisse. Résultat espéré : payer rapidement et déguerpir. Résultat obtenu :

- Madame, puis-je vous aider ?

Ah non. Ah non... La paix, la paix.

- Merci. Je voudrais payer.

- Avez-vous trouvé tout ce que vous cherchiez?

- Oui, merci. Je vais payer.

- Vous savez qu'en achetant le contenant d'un litre au lieu du 250ml, vous économisez 30% ?

-Ah oui, pourquoi pas.

Je capitule. Direction 'shampoings'. Je prends le contenant d'un litre, direction la caisse. Je sors la carte de crédit de mon portefeuille.

- Avez-vous songé à vous procurer notre conditionneur pour cheveux ?

Longue explication sur les vertus du conditionneur.

- Euh, merci mais pas aujourd'hui. Le shampoing suffira. Il est génial et me suffit. Puis-je payer ?

On me dévisage avec intérêt et sollicitude. Je donne ma carte de crédit.

- Madame, vous savez que nous offrons des cours de maquillage. Voici une brochure. Ces cours sont gratuits...

J'aperçois le reflet de mon visage dans le miroir derrière la caisse et observe que j'ai l'air d'un sacré raton-laveur ahuri avec tout ce mascara sous les yeux. Mais je n'ai pas besoin de cours de maquillage. Polie, je dis merci, comme c'est intéressant! et prends la brochure. Je commence à devenir un peu nerveuse, marmonne que 'Vous savez, c'est vendredi, quelle dure semaine, mes yeux gna gna...', ai hâte de payer et de m'en aller. Je fixe les mains de la vendeuse tenant ma carte de crédit. Vite, vite, terminons la transaction, je veux être liiiiibre.

- Nous offrons aussi des massages... Vous trouverez l'information dans la brochure.

Oui, je sais, j'ai l'air stressée. J'ai envie de pleurer. Mais mon salaire ne me permet pas des massages dans des boutiques de luxe. La transaction est terminée. Je marmonne des idioties, suis complètement décoordonnée dans mes mouvements, ris, sors du magasin presqu'en titubant et en marmonnant bye-bye à la vendeuse. La vendeuse me regarde avec compassion. La prochaine fois, j'enverrai le Grand Hibou Blond acheter le shampoing à ma place.

8/31/2007

Trop de boulot!


Trop de boulot, trop peu de temps ces derniers jours! Impossible de prendre soin de mon blog car il aurait été indécent de m'amuser à écrire ici pendant les heures de travail alors que j'avais tant de tâches à terminer ainsi qu'un vin-fromage (ouh, le vin a ralenti les neurones) à l'heure du midi. Je pars pour le weekend et vous reviens avec de nouvelles aventures la semaine prochaine! Le Grand Hibou Blond et moi retournons camper au milieu de nulle part le temps d'un long weekend! À bientôt, La Chouette.

7/26/2007

Un étranger qui pleure...


Dilemme moral : Qu'est-ce qu'on fait quand on voit un pur étranger verser des larmes dans l'autobus, le métro ou tout autre lieu public ? Doit-on aborder cette personne et lui demander ce qui ne va pas ? Lui offrir un mouchoir ? L'ignorer ? Qu'en pensez-vous ? En tous les cas, si on choisit de ne pas lui adresser une parole de réconfort, vaut mieux la laisser exprimer ses émotions en paix plutôt que de la dévisager avec impertinence.

La vie urbaine nous amène à croiser tous les jours des centaines d'inconnus - comment démontrer (ou même ressentir) de l'empathie envers chaque être humain rencontré sur notre route ? À moins d'avoir choisi la voie religieuse et d'avoir fait voeu d'embrasser toute l'humanité, je doute qu'on puisse s'intéresser au sort de chacun sans s'épuiser moralement.

L'anonymat urbain est à la fois réconfortant et monstrueux. Lors d'une période très difficile de ma vie, il m'est arrivé de broyer du noir pendant le trajet quotidien de métro et d'autobus. Je me perdais dans de tristes pensées entre deux arrêts. Qu'importe si j'avais une tête d'enterrement, on me laissait tranquille, je n'existais pas. Une fois, un jeune homme m'a surprise les yeux rougis et m'a demandé s'il pouvait m'aider. J'ai ressenti de la honte d'avoir été surprise en larmes et de l'étonnement vis-à-vis son intérêt pour moi. Je l'ai envoyé paître. Pourtant, c'est son intérêt qui était normal, pas l'indifférence des autres passagers... Le pauvre, peut-être ai-je durci son coeur en rejetant sa sollicitude.

7/17/2007

Trop vite




Je n'ai pas le courage d'écrire aujourd'hui. J'ai perdu un être cher. Une personne que je connaissais depuis peu mais qui m'a marquée par sa douceur et son ouverture aux autres. Elle m'a donné les ailes dont j'avais besoin pour réaliser un rêve. Que j'aurais aimé la connaître davantage, qu'il est injuste de l'avoir perdue si vite. Louise, où que tu sois, puis-je te demander de veiller sur notre petit groupe...

7/10/2007

Laver la vaisselle pour laver la vaisselle, partie 2



Eh bien, ce dernier weekend, j'en ai lavé de la vaisselle. Nous avions des visiteurs qui n'avaient pas envie de faire grand chose si ce n'est manger. Alors j'ai rempli le lave-vaisselle, vidé le lave-vaiselle, lavé les casseroles et les verres à vin, essuyé les casseroles et les verres à vin, rempli le lave-vaisselle, vidé le lave-vaisselle, lavé les casseroles et les verres à vin et essuyé les casseroles et les verres à vin, et ça recommence. Ai-je fait cela en toute conscience, l'esprit dans le moment présent ? Ai-je fait cela avec joie et acceptation ? Non, j'ai lavé et relavé la vaisselle en pensant au prochain repas à préparer, à la soupe qui n'était pas à mon entière satisfaction, au riz raté parce que j'ai acheté une nouvelle sorte qui demande moins de cuisson, au vin italien couci-couça, au rosé californien trop sucré, au fromage halloum trop salé, au gigot que j'ai acheté trop petit et aux merguez, trop grasses. Thich Nhât Hanh ne comprend rien aux gens ordinaires (blague). On ne lave pas la vaisselle pour laver la vaisselle avec des invités.

7/05/2007

Laver la vaisselle pour laver la vaisselle!!


Tranquillement, le thème de ce blog se précise, du moins, je l'espère. Je crois que j'essaie de vivre sereinement, avec joie et simplicité et que je souhaite partager mes tentatives avec d'autres. Ma vie est très remplie comme toutes vos vies sans doute! Je tends à accomplir mes tâches avec hâte, l'esprit ailleurs. Ex. J'essaie de compléter les tâches domestiques le plus rapidement possible pour enfin, enfin, faire autre chose de plus intéressant. Vivement un peu de broderie me dis-je en faisant la vaisselle. Enfin, après 2 heures de ménage, j'aurai du temps pour moi. Laver la vaisselle n'est pas un moment qui m'appartient. Je vis donc presque toujours dans l'attente du rare et béni moment de liberté. Finalement, je n'ai jamais de temps pour moi! Je cours après le moment qui suit le présent, toujours, en vain.

Or, Thich Nhât Hanh, moine bouddhiste, dit qu'il faut faire la vaisselle pour laver la vaisselle. Qu'il faut transformer chaque moment de la vie en un moment pour soi. Donc, laver la vaisselle avec sa pleine conscience, avec pleine acceptation, l'esprit dans le lavage de vaisselle et pas ailleurs! En vivant ainsi, chaque moment de la vie peut nous nourrir, nous apprendre quelque chose et nous appartenir.

J'ai bien du mal à suivre le précepte de Thich Nhât Hanh. Mais j'y arrive à l'occasion. Et lorsque j'y arrive, ah, ce que la vie m'apparaît lumineuse et bienfaisante! Ces derniers mois, j'entrevois furtivement cette lumière lors des visites à mon père. Ce dernier a 82 ans et souffre de sénilité modérée depuis plusieurs années. Je le visite environ une fois par semaine dans sa résidence pour personnes âgées. Jusqu'à récemment, le visiter me semblait ardu, pénible, déprimant, déstabilisant (car je contemple à la fois ma propre vieillesse et mon adolescence malheureuse). J'ai néanmoins décidé de transformer chaque moment auprès de mon père en un moment pour moi. Que puis-je apprendre de mon père ? Que puis-je apprendre de tous ces vieillards qui vivent avec lui ? Que puis-je apprendre des infirmières et préposés qui le soignent si bien ?

Et là, quelque chose se produit peu à peu : au que puis-je apprendre s'ajoute... que puis-je donner... C'est tout faible, tout discret encore mais j'ai envie de faire plus ample connaissances avec les amis gériatriques de mon père. Je vous tiens au courant de la suite et vous montrerai aussi des photos de mon papa.

7/03/2007

Écureuil maléfique...



Je reviens d'une semaine de vacances, si l'on peut dire. Mon Hibou et moi avons passé la dernière semaine emmurés dans notre appartement pour y faire des menus travaux. Menus travaux éreintants et prenant beaucoup plus de temps que prévu. Et lorsqu'enfin, nous avons quitté la ville pour nous changer les idées, il a fait froid et il a plu. Vous comprendrez que je me suis rendue au travail à contrecoeur ce matin, surtout qu'il fait beau et doux comme c'est pas possible.

Mais le vrai hic de ces derniers jours, c'est l'écureuil maléfique. Un bébé écureuil a élu domicile sur notre balcon, plus précisément dans un petit espace près de la fenêtre, à côté du climatiseur. Il y mange mes fleurs et déterre mon basilic, il ronge le bois autour de la porte... Vilaine bête. Et maléfique parce que c'est un bébé et qu'au-delà de l'irritation que ses dégâts suscitent, mon Hibou et moi, en piètres rapaces, sommes minés par la compassion. Pauvre petit bébé écureuil abandonné par sa maman, laissé à lui-même, n'ayant plus à manger que mes fleurs et le bois du balcon... nous avons passé la soirée d'hier à l'observer et à nous inquiéter de son sort. Nous avons en vain essayé de le chasser par de doux stratagèmes sans violence. Il a triomphé. Le balcon est à lui.

Nous allons maintenant tenter de le faire fuir et de nous empresser à mettre un grillage de poulailler autour du balcon afin qu'il ne revienne plus. Si ça ne fonctionne pas, il faudra le capturer et le déposer dans un parc à quelques coins de rues de notre appartement. Oh, pauvre bestiole, elle se fera dévorer par les chats... Vraiment, nous sommes des rapaces au coeur de guimauve...



6/07/2007

L'appartement


Mes rares lecteurs, vous me voyez désolée de vous avoir abandonnés ces derniers mois. Mon Hibou et moi sommes déménagés ensemble cet hiver. Outre l'adaptation de la vie à deux et ses occasionnelles crises de nerfs, il nous fallu construire notre nid. Les derniers mois se sont déroulés en séances de magasinage pour la maison, en nettoyage de planchers et d'armoires, en conversations pour planifier la décoration et la peinture des murs, en déplacements fréquents de meubles d'un coin de la pièce à un autre.
Me revoilà donc. Le concept de la Chouette des villes change quelque peu. Après réflexion, j'ai compris que j'avais perdu la motivation de rédiger ce blog parce que tentais de projeter une image fort différente de qui je suis dans la vraie vie. Mes textes étaient en quelque sorte désincarnés, dénués d'âme. Ma vie n'est pas simple et charmante. Comme quiconque habite en ville, elle est plutôt chaotique. Si vous êtes d'accord, j'aimerais trouver des moyens de la rendre plus jolie et plus calme, sans vous faire la leçon mais en partageant avec honnêteté mes expériences et questionnements sur l'art de vivre avec simplicité. À bientôt, La Chouette.

11/27/2006

Un peu de tendresse


J’ai commencé à m’intéresser aux arts ménagers il y a quelques années après avoir développé des allergies à divers produits nettoyants commerciaux. En cherchant sur le Web des recettes et astuces pour nettoyer sans m’intoxiquer, j’ai découvert qu’il existait un art de bien tenir maison. En fait, je constate que l’entretien ménager à l’ancienne, la cuisine, le bricolage et l’économie familiale ont retrouvé leurs lettres de noblesse, tout au moins dans le monde anglo-saxon. Est-ce à cause de Martha Stewart ?

Mmh. C’est possible mais je n’en suis pas certaine. Peut-être est-ce à cause de notre monde brisé ? Les médias nous répètent sans cesse que ça va mal, que le futur de l’humanité est en péril. Bientôt, il n’y aura plus de vie dans les océans. La pollution! La surpopulation! Les pandémies! Les guerres qui se succèdent! L’Afghanistan! Le SIDA qui fait des ravages en Afrique! La pauvreté mondiale à laquelle on ne trouve aucune solution! Le terrorisme! Sans compter le stress grandissant des travailleurs moyens! Plus vite! Mieux! Plus, toujours plus! Vous n’en pouvez plus ? Ce n’est pas grave. Un peu de Paxil ou de Rilatin et tout ira pour le mieux.

De cette anxiété généralisée, je n’en peux plus. Je souhaite aller me cacher dans une caverne ou au fond des bois, et tranquillement vivre ma vie du mieux que je peux, loin des ambitions démesurées et de la gratification constante des ego nécessaires aux grandes carrièèèèèères. Oh, je ne pense pas qu’il faille abandonner son prochain, se centrer sur soi-même. Au contraire. Choisir de vivre une vie plus simple, plus douce, n’est-ce pas un premier pas pour guérir ce monde en turpitude ? Prendre le temps de cuisiner un bon repas pour ceux qu’on aime, n’est-ce pas un geste de tendresse? En tous les cas, les arts ménagers et le bricolage semblent en rassurer et calmer plusieurs. Je soupçonne qu’ils charment à nouveau par leur aspect simple et concret, parce qu’ils représentent un peu d’ordre dans un monde chaotique…